Un article écrit pour le blog de l’Ecole Itsuo Tsuda, publié en décembre 2025
Saviez-vous que Morihei Ueshiba, un des plus grand budokas du XXe siècle, hurlait mécontent en voyant ses élèves pratiquer : « Personne ne fait Aïkido ici ! Seules les femmes font Aïkido ! » ?1
Comment un Japonais ayant une vision traditionaliste de la famille et de la place des femmes a t-il pu dire une chose pareille et même déclarer que les hommes étaient désavantagés en Aïkido à cause de leur utilisation de la force physique2 ?
Des propos, d’ailleurs, encore d’actualité, tant l’Aïkido majoritaire valorise toujours la force. Alors, pourquoi ces paroles, qui éclairent la voie développée par Osensei, ne sont-elles pas plus connues ?
Peut-être à cause de la silenciation de la transmission des femmes élèves d’Osenseï Ueshiba. Car au-delà de l’injustice évidente de l’invisibilisation des femmes, taire des manières de faire, c’est supprimer toute mémoire des gestes et des idées. Nos actes se nourrissent du passé et moins on raconte les actions des femmes et leurs modalités, moins le champ des possibles est étendu pour les générations suivantes. On le voit bien en Aïkido, aujourd’hui, où sont les femmes ?
Les hommes n’ont pas à justifier du besoin de les entendre, par contre pour parler des femmes on est obligé de motiver de l’intérêt pour tous. Pourtant l’expérience des hommes ne peut pas « compter pour tous » ça ne marche pas ainsi, le vécu des femmes, leurs manières de faire sont spécifiques et différentes. C’est pourquoi je vous propose de découvrir ici une femme dont on sait très peu de choses bien que son parcours aurait justifié qu’elle reste dans l’histoire de l’Aïkido.
Herstory, une histoire militante ?
L’Histoire est vue à tort neutre et factuelle alors qu’elle est une construction des dominants qui conditionne le présent. C’est pourquoi Titiou Lecoq écrit « En travaillant sur l’histoire des femmes, les historiennes sont toujours suspectées d’être militantes. Pourquoi l’histoire des femmes serait-elle militante ? L’histoire qu’on apprend, qui est masculine et non mixte, ne serait-elle pas aussi une forme de militantisme ? »3
Le jeu de mot her-story souligne que l’Histoire reflète des points de vues masculins : his-story. L’herstory rétablit le rôle actif des femmes dans l’histoire. Pour son livre Les grandes Oubliées – Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes Titiou Lecoq explique que son objectif « n’était pas tant de féminiser l’Histoire que de la démasculiniser. La démarche est différente. Démasculiniser ou déviriliser implique l’idée qu’il y a eu une démarche politique préalable de masculinisation de la société. »4
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