Sans école

Zanshin, l’esprit de l’ordinaire

Un article écrit pour la revue trimestrielle Dragon Magazine Spécial Aïkido sur le thème de Zanshin (la vigilance) publié dans le n°27 en janvier 2020 .

 » Durant les années où j’ai exercé comme musicienne j’ai été parfois dans un état que j’apparente à Zanshin. Quand je jouais avec d’autres musiciens et chanteurs il me fallait être à la fois totalement disponible pour ce qui se passait à l’extérieur, l’autre musicien, et à la fois concentrée sur mes propres gestes pour jouer ma partie de piano. Les aléas du concert live font que je ne pouvais pas compter sur le fait que tout allait se passer comme prévu. Ce n’est jamais le cas, on a beau être très préparé, la scène est une expérience unique. La préparation sert à réduire au maximum l’imprévu mais absolument pas à l’éliminer. Il faut alors réagir instantanément, coller au plus près pour que l’harmonie se continue. Être à la fois hyper-vigilant, et en même temps garder une concentration vague, car dès que je me fixais sur une seule chose, je perdais l’ensemble. Cette phrase de Musashi résume pour moi parfaitement cet état :
« Dans la vie quotidienne aussi bien qu’en stratégie, il faut avoir l’esprit ample et le garder bien droit, pas trop tendu et nullement détendu ».
Musashi disait aussi que l’esprit ordinaire doit être celui du combat, l’esprit du combat doit être l’esprit de l’ordinaire. Pourtant on ne peut être tout le temps sur ses gardes, c’est donc que l’esprit du combat ne signifie pas être « sur ses gardes » cela signifie autre chose… On peut aussi se douter que cet état d’esprit est bien loin de l’apathie qu’on rencontre bien souvent aujourd’hui. La traduction de zanshin par « esprit qui demeure » nous donne peut être une piste, plus que l’idée un peu réductrice de « vigilance ». »

A retrouver en intégralité sur : http://www.ecole-itsuo-tsuda.org/zanshin-esprit-de-ordinaire-zanshin/